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28.02.2007

Les générations futures de Greenpeace menacent l'avenir du développement durable

La dernière campagne mixmédia de Greenpeace, sensée inciter le grand public à la révolution énergétique, comprend un volet particulièrement inefficace pour l'adhésion à cette révolution: une vidéo virale, que je vous laisse le soin de visionner.

Une vidéo inefficace? 


Cette vidéo virale met en scène un adolescent, porte-voix des générations futures, dans un contexte underground, qui dit un texte en s'adressant au monde des adultes.
Le fond du message peut se résumer ainsi: "si vous, les adultes, ne faites rien pour lutter contre le changement climatique, vous vous exposez à des représailles de la part des générations futures, dans un présent proche".
Le plan serré sur le visage de l'adolescent permet au spectateur de recevoir de plein fouet la violence verbale et non verbale du message.

Conclusion, dans la forme comme dans le fond,  la violence perçue ne vient pas du changement climatique, mais des générations futures.

Le spectateur est donc incité en premier lieu à se protéger des générations futures plutôt que de les protéger.

Absurde, non?

 

 

Source: Culture Buzz

Commentaires

Je partage entièrement ton avis. Une grosse erreur de brief, on se trompe de cible et de discours. L'important doit être toutes les générations unies pour sauvegarder la planète.
Mon conseil pour greenpace: 1. changer d'agence 2. changer de dir com qui a validé cette pub.

Ecrit par : CManu | 28.02.2007

Je ne suis pas si certain que l'agressivité de cet ado soit forcément mal reçue. Il me semble que cela peut engendrer un sentiment de "putain il a raison de nous en vouloir".

Moi, ce qui me gène plus, c'est que cette vidéo, comme 99% des messages sur le sujet, nous dise encore une fois : "c'est vous les responsables, vous LES adultes". Ce qui est FAUX. Ce ne sont pas LES adultes, qui sont responsables, ou du moins LES adultes ne sont pas tous responsables au même point. Il y a des adultes qui sont au pouvoir, qui ont du pouvoir, des milliards. Il y en a qui décident de bousiller tel ou tel coin de planète pour leur profit. Et il y en a d'autres qu n'ont aucun pouvoir. Tout ce qu'on peut leur reprocher, c'est de ne pas mettre les premiers hors d'état de nuire. Ce n'est pas la même chose.

Ecrit par : pvdg | 03.03.2007

Assez d'accord avec pvdg, le seul pouvoir dont nous disposons est de voter de temps en temps et de voter tous les jours aux tiroirs-caisse des magasins en restant vigilants sur ce que nous consommons. C'EST DEJA QUELQUE CHOSE et plus que ce nous croyons (notamment sur le second point)

Même le pouvoir de recycler proprement nos ordures, il me semble qu'il nous est dérobé, par exemple : je trie, je mets dans la benne correspondante, et tous les soirs, toutes nos bennes sont bien mélangées, malaxées dans un seul et même camion de ramassage d'ordures... mon petit doigt me souffle qu'il y a quelque chose de tordu de ce process....

Ecrit par : Cath | 12.03.2007

Sensibilisée par le développement durable, et "le bio" j'ai souvent trouvé des informations intéressantes sur le site de Greenpeace. Par contre, je n'ai jamais adhéré à l'association parce que dans le peu de contacts que j'ai eu avec eux, j'ai ressenti de la violence (celle que l'on retrouve dans cette vidéo). Or je pense que l'efficacité nécessite du bon sens et non de la violence ...

Ecrit par : TheCélinette | 12.03.2007

Je partage ton analyse Matthieu ainsi que celles exprimées par les commentaires qui la suivent.
La violence exprimée par cet enfant (qui n'est même pas un ado, il doit avoir 12 ans à tout casser), soulignée par la cagoule style caillera (ou style Anakin Skywalker lorsqu'il est en train de filer un mauvais coton), est aussi incongrue que le vocabulaire employé, qui n'est pas celui d'un enfant. Le jour où mon fils de 11 ans se mettra à me parler comme ça, je commencerai à m'inquiéter sérieusement.
Et justement mon fils (mes fils, devrais-je dire), ne me parleront pas comme ça, tout simplement parce qu'ils savent très bien que le problème n'est pas de culpabiliser les gens, ni de chercher des responsables, mais d'agir, d'avancer, de positiver, de garder espoir, de se battre et de s'engager pour l'avenir de la planète, pas de se cracher à la figure.
On ne peut pas reprocher à nos concitoyens d'être responsable d'un désastre alors qu'ils en sont tout juste à la prise de conscience.

Ecrit par : Hervé | 16.03.2007

D'accord avec Hervé pour dire que ce discours d'enfant est incongru. Mais pas choqué par cette agressivité.

Pas d'accord, en revanche, Hervé, avec ce refus de chercher des responsables. Il y a des responsables, mais ce ne sont pas LES adultes. Il est important de désigner les vrais, les plus gros, de les mettre hors d'état de nuire. Il y a des industries qui ont un comportement criminel, d'autres qui ne causent aucun tort à la planète. Il y a des pays qui polluent 100 fois plus que d'autres.
Exemple, il est urgent que les États-uniens, premiers producteurs de CO2 par tête, se débarrassent de Deubeliou Bush, signent Kyoto et instaurent une politique fédérale de baisse des émissions de gaz à effets de serre.
Il est faut de dire que l'on en est tout juste à la prise de conscience, puisque (merci Wikipedia) : "le protocole de Kyoto a été ouvert à ratification le 16 mars 1998, et est entré en vigueur en février 2005. Il a été ratifié à ce jour par 156 pays à l'exception notable des États-Unis et de l’Australie."

Ecrit par : pvdg | 16.03.2007

Pierre,

Je ne refuse pas de chercher les responsables et suis bien évidemment en phase avec vous. C'est plus ma démarche et ma façon de voir les choses qui fait que je n'ai pas choisi le combat contre les responsables que vous citez, mais plutôt le combat pour promouvoir et favoriser les acteurs (entreprises, consom'acteurs et certaines associations, mais pas politiques car c'est incompatible pour le moment) engagés dans un développement durable.
Ce choix est lié à mon parcours et mon expérience professionnelle, et à une analyse doublée d'une pratique de ce que l'on appelle le rating social ou éthique, ou encore la RSE (Responsabilité Sociale ou Sociétale des Entreprises).
Ce qui ne m'empêche bien évidemment pas de m'engager parfois contre les dérives et les crimes des responsables que vous évoquez à juste titre.

Le protocole de Kyoto n'est en vigueur que depuis 2 ans, alors que l'humanité détruit la planète en toute quiétude depuis un siècle, les 30 dernières années ayant été les pires. Aujourd'hui, en France, les 2/3 de nos concitoyens COMMENCENT à penser et agir développement durable (cf le dernier sondage LH2 en 2006), et je me souviens, courant 2005, seulement, du regard interrogatif et dubitatif de mon entourage devant les mots "développement durable" et le concept du réchauffement climatique...

Que dire des pays en phase de développement économique comme la Chine qui en est actuellement à l'état d'esprit de l'Occident du début des années 80 et qui est de fait bien loin de se préoccuper des conséquences du réchauffement climatique ?

Alors oui, à l'échelle de la planète, nous en sommes tout juste à la prise de conscience.
Et c'est bien là le problème : compte tenu des effets inertiels liés aux évolutions climatiques, il est très probable que les efforts consentis depuis finalement une petite poignée d'années à peine, ne parviennent pas à déclencher la réversibilité d'une tendance qui nous amène doucement mais sûrement dans le mur.
Il faut donc se battre pour cette prise de conscience, mais pas par la peur, la menace, la violence, la culpabilisation : on ne construit rien de bon, ni de durable, surtout, avec des valeurs pareilles.

Ecrit par : Hervé | 19.03.2007

Moi aussi je suis surprise par la violence de cet enfant où en tout cas par l'image de violence que l'on veut donner, avec la capuche = banlieues = peut s'enflammer = peur...je n'aime vraiment pas ce parallèle.
Je crois que des vraies paroles d'enfants, juste des questions, une sorte de détournement de la pub "c'est quoi cette bouteille de lait ?" pourrait être plus efficace. faire appel à la tendresse, à l'amour que les parents ont pour leurs enfants aurait plus d'impact.
Par ailleurs, je suis déçue de voir une fois de plus des commentaires qui disent "c'est pas de ma faute, c'est la faute de l'autre là le GRAND méchant.
Mais est-ce que des milliers de petits gentils ne peuvent pas combattre les GROS méchants ? Est-ce que notre rôle à chacun n'est pas d'agir, au quotidien, avec notre porte-monnaie. Bien sûr au moment des élections, nous avons le pouvoir, mais...lorsque l'on voit entre qui et qui...je ne crois pas que nous pourrons faire grand chose pour l'environnement.
Par contre, chaque jour, en choisissant des produits après avoir réfléchi, en ayant pris conscience de ce que cela implique de décider de prendre
du sucre non équitable,
des fraises même d'Espagne au mois de mars,
une table en bois exotique, même si certifiée,
des fruits non bio...
là j'agis.
Des promesses non tenues, on connait. Mais jusqu'à preuve du contraire, mon porte-monnaie, c'est moi qui le tient pour mon quotidien. Et lorsqu'il n'y aura plus d'acheteurs pour des produits polluants... alors, vous ne croyez pas que les GROS méchants seront obligés de faire ce que leur dicte le marché ?
Un petit tour sur www.eco-sapiens.com vous permettra de mieux comprendre, savoir, agir.

Ecrit par : eco-sapiens | 04.04.2007

Je suis d'accord avec ton analyse Matthieu. C'est très bien vu.
On agit pas sous la menace.
Alice

Ecrit par : alice | 06.04.2007

Ce que j'en retiens en résumé par rapport au sujet de ce post: la communauté des contributeurs de ce blog pense que cette vidéo (commandée par Greenpeace à DDB) est globalement inefficace pour susciter l'adhésion à l'idée de l'urgence climatique, et inciter à modifier son comportement en conséquence.

J'aimerais cependant remarquer que les discussions ont révélé une corrélation possible entre l'adhésion pleine ou modérée à cette campagne de gérilla marketing et la croyance selon laquelle "l'enfer c'est les autres", c'est-à-dire que ce sont les autres adultes qui sont responsables du désastre écologique, et pas soi.

Hors, comme nous vivons majoritairement dans une démocratie libérale, nous ne pouvons pas nous voiler la face: tous les citoyens majeurs qui ont le droit de vote, et toutes les personnes qui disposent depuis plusieurs années d'un pouvoir d'achat (qui leur permet d'orienter leurs achats en fonction d'un autre déterminant que celui d'assouvir ses besoins primaires) sont responsables collectivement de la situation écologique.

Ecrit par : Matthieu | 14.04.2007

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